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Le Lac du Der

Connaissez-vous le LAC DU DER ?



Sa mise en eau en 1974 permit d’éviter les inondations de Paris et de créer une réserve pour les périodes de sècheresse. C’est très vite devenu une halte indispensable aux oiseaux migrateurs et un site important pour certaines espèces l’hiver.





Hébergés à Giffaumont, notre week-end ornithologique débute le samedi 24 janvier 2009.


Sur la digue, dès notre arrivée nous croyons apercevoir un pygargue perché sur un arbre mais c’est loin, nous doutons. En parcourant la digue nous observons des harles bièvres mâles et femelles. Soudain, en vol, plus de doute, deux aigles à queue blanche. Un peu plus loin, tandis que nous admirons un groupe d’oies cendrées en compagnie de courlis cendrés un pic épeiche se perche au dessus de nos têtes. Il est magnifique et change de perchoir en poussant son cri. C’est un mâle, il a la nuque rouge. Les étourneaux avec leurs couleurs aux reflets métalliques se fondent aux oies et courlis. Notre observation a lieu au son des trompettes des grues stationnées à proximité. Caché dans les roseaux, semblable à une sentinelle, le héron cendré guette, immobile, il aimerait trouver de quoi rassasier son estomac.





Un vol rapide de harles nous laisse voir des carrés blancs sur les ailes et un corps blanc rosé orné d’une tête noir verdâtre. Nous avançons et c’est un groupe de cygnes de Bewick se nourrissant que nous rencontrons. Têtes plongées dans la vase, jeunes et adultes ne se distinguent plus guère, la couleur est la même, couleur terre ! Pour se nourrir, il faut bien enfoncer jusqu’au cou !




Un canard pilet s’est immiscé parmi les harles ainsi qu’un Chipeau. Quel que soit l’endroit du lac, les hôtes les plus représentés sont bien les harles bièvres. Nous espérions voir les harles huppés, en vain !

Sur les bords tranquilles, nombreux cormorans se tiennent les uns contre les autres, ils apportent des touches noires aux rivages.




Dans l’observatoire près de l’église de Champaubert, nous énumérons : canards pilets, siffleurs, oies, sarcelles d’hiver regroupées, sifflant, colverts, grues....Un groupe de morillons, de milouins avec un garrot à œil d’or fait bande à part, ils sont plus loin, là où l’eau est plus profonde.

Un groupe de chardonnerets rompt l’observation des anatidés. Lors de la construction de cette retenue d’eau, trois villages ont été noyés. Cette église se trouvant sur une butte a été épargnée. Une pensée toute particulière aux villageois flotte ici.





L’après-midi, nous sommes récompensés de notre ténacité, une observation plus prolongée des pygargues nous est offerte. Un jeune s’envole au loin, l’adulte quant à lui, dévoile bien sa queue blanche. Ce dernier revient sur une souche où il mange sa proie sous l’œil attentif d’une corneille qui tente de lui ravir.





En vol, des mouettes rieuses se mettent à trois pour lui chercher querelle.

Au poser, ce matin, il était plutôt fier, dressé, ici, il se tient de manière penchée, plutôt horizontalement. C’est une silhouette robuste, lourde. Son vol est lent, dégage de la puissance. Nous sommes heureux de faire une coche en ce début d’année. En effet, rien à voir avec une buse. Nous ne pourrons plus avoir de doute une autre fois.

Nous finissons notre journée au son des demoiselles sans qui le Der ne serait pas vraiment le Der, il perdrait un peu de son âme.

Le lendemain, dimanche 24 janvier nous espérons avoir l’occasion d’admirer des harles Piettes. Notre vœu sera comblé dès la première halte effectuée. Nous pourrons nous extasier devant cette beauté. Très actif, il plonge souvent mais le plumage du mâle est sans pareil. La femelle est moins spectaculaire. Avec une femelle Garrot à proximité, c’est l’occasion de bien faire la différence. Plus près que la veille, encore les deux Pygargues se laissent observer longuement . Tandis que l’un mange, l’autre attend son tour, les corbeaux patientent. Après le repas, ils se dirigent en claudiquant vers l’eau afin de boire.

Dans le ciel, un vol de courlis nous interpelle. Sur le chemin du retour, nous faisons un détour par les lacs aubois. Hormis un ballet orchestré par les mouettes, il n’y a pas grand monde.

L’hiver marqué que nous vivons actuellement, le gel récent des plans d’eau ont poussé nombre d’oiseaux à partir afin de trouver un climat moins hostile. De ce fait la gent ailée était moins importante que lors de précédentes observations. Nous garderons en mémoire les cadeaux : les Pygargues et les Harles Piettes qui eux sont bien là pour cause de froid plus au nord !

Je vous encourage à découvrir ce petit paradis ornithologique, si vous ne le connaissez pas encore. Si vous connaissez, peut-être, que ce récit vous rappellera l’une de vos escapades.

CATHY