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Pie-grièche grise : enquête nationale 2009

 

Une enquête nationale concernant la Pie-grièche grise, à l’initiative conjointe de Norbert LEFRANC, spécialiste européen du genre , et de Jean-Philipe PAUL (LPO Franche-Comté) est menée cette année afin d’estimer la taille de la population nationale.

Situation de l’espèce

La Pie-grièche grise (Lanius excubitor) apparaît en fort déclin en Europe tempérée, particulièrement en Europe occidentale. Elle est ainsi en forte régression en Allemagne et a complètement disparu de Suisse en tant que nicheur. En France, elle est considérée comme menacée et sa population n’excèderait pas les 2000 couples. Le suivi national des STOC-EPS montre une baisse de 38% entre 2001 et 2007. Ses bastions se trouvent maintenant dans les zones d’agriculture extensive à base d’élevage, en Auvergne, Limousin et Franche-Comté.

L’intensification de l’agriculture, avec notamment la forte diminution des surfaces en prairie et du linéaire de haies, explique en grande partie le déclin de cette pie-grièche. Son habitat de prédilection est en effet constitué de milieux semi-ouverts, où alternent bosquets, vergers ou plantation de résineux et vastes secteurs en herbe (prairies de fauche ou pâtures).

L’espèce est migratrice partielle et l’hiver on peut la trouver un peu partout en France, même dans les secteurs où elle ne niche pas.

Afin d’envisager des mesures de maintien ou d’amélioration de son habitat, il est urgent de savoir où survivent les populations viables de Pies-grièches grises et proposer alors des solutions efficaces pour leur préservation.

Une enquête nationale est donc nécessaire et débute cette année, en 2009. Un plan de restauration national pour toutes les espèces de pies-grièches (sauf la Pie-grièche écorcheur) est en cours de rédaction.

Mesures de conservation

Face à l’intensification de l’agriculture qui bouleverse les paysages favorables à la Pie-grièche grise, il faudrait envisager des mesures visant à garder en l’état les derniers grands secteurs encore fréquentés. Ceux-ci, de plus en plus rares, se trouvent maintenant surtout en moyenne montagne et dépendent largement du maintien d’une agriculture extensive basée sur l’élevage et les prairies de fauche. Il faudrait également veiller à la création de corridors entre ces noyaux de populations.

La situation en Bourgogne

En Bourgogne, si l’espèce était encore largement répandue dans les années 1960, elle a depuis énormément régressé, comme dans tout le quart nord-est du pays. Cette régression n’est cependant étayée que de très peu d’études et elle est donc difficilement mesurable. Plusieurs éléments nous permettent cependant de confirmer ce déclin :

-L’effondrement des effectifs d’hivernants constaté lors de circuits de comptages rapaces hivernants dans l’Auxois (Abel et Strenna, 2005) ;

-La présence d’un seul individu contacté en période de reproduction sur l’ensemble de la ZPS du val de Loire entre Iguerande et Decize lors d’une étude consacrée en partie aux pies-grièches (Grand et Mézani, 2004) ;

-La diminution du nombre de données de reproduction dans les bases de données des associations ornithologiques ;

-Les témoignages des ornithologues locaux, constatant la disparition de couples ou de noyaux de populations dans les secteurs qu’ils suivent régulièrement.

Il est donc urgent de réaliser un comptage à l’échelle de la région afin d’avoir une vision la plus exacte possible de la répartition et des effectifs de l’espèce en Bourgogne. La comparaison avec les résultats de l’enquête nationale, dans laquelle s’intègre ce comptage, permettra d’évaluer l’importance de la région Bourgogne dans la préservation de la Pie-grièche grise.

Méthodologie

Les prospections auront lieu préférentiellement sur les sites ayant fourni une donnée au moins depuis 1990, ainsi que sur les sites où l’hivernage a été observé durant l’hiver 2008-2009. Afin de repérer les oiseaux lors du cantonnement, une première visite aura lieu en février et mars quand les mâles sont bien visibles. Une, voire deux autres visites sur les sites occupés en mars, seront effectuées plus tard en saison pour confirmer la nidification (en avril) et estimer le succès de reproduction (fin juin-début juillet).

La coordination à l’échelle régionale est réalisée par Brigitte GRAND (EPOB_Etude et Protection des Oiseaux en Bourgogne). Au niveau de la Côte d’Or, Pierre LECLAIRE, salarié de la LPO Côte d’Or, est chargé de la coordination de cette enquête.

Programme des sorties de prospection

Pour l’instant, en Côte d’Or, 2 sorties de prospection sont d’ores et déja programmées (voir calendrier des activités) :

- dimanche 22 février 2009

- dimanche 22 mars 2009

Le but de ces 2 sorties est de contrôler dans un premier temps tous les sites d’hivernage connus. Des sorties ultérieures auront lieu au printemps et en été afin de déceler d’éventuels indices de cantonnement de couples reproducteurs.

Toute personne motivée par cette enquête est priée de prendre contact avec le coordinateur départemental : Pierre LECLAIRE, p.leclaire.ceobab@gmail.com

Et n’oubliez pas de nous adresser toutes nouvelles observations de cette espèce en période hivernale comme en période de nidification !