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Suivi de la Migration

 

Qu’est-ce que la migration ? C’est le déplacement bisannuel des oiseaux, souvent sur des milliers de kilomètres, en aller et en retour. La première, qui a lieu au printemps (appelée « prénuptiale » car se déroulant avant la reproduction), s’étale entre les mois de février et de mai. Certaines espèces passeront très tôt dans l’année (comme l’Hirondelle rustique), d’autres plus tardivement (comme l’Engoulevent d’Europe), mais toutes seront pressées d’arriver sur leur lieu de reproduction. Cette migration est déclenchée par une modification de leur production hormonale, mais aussi par une lutte serrée entre individus d’une même espèce : les premiers arrivés sur les sites de nidification étant ainsi les mieux logés et auront de meilleures chances de reproduction. La deuxième migration, qui a lieu en fin d’été et au début de l’automne (aussi appelée « postnuptiale » car se déroulant après la saison de reproduction) est le moment où les populations d’oiseaux du nord et de l’est de l’Europe sont poussées par l’arrivée du froid... et surtout, par le manque de nourriture qui en résulte (les canards, par exemple, bien qu’ils soient parfaitement armés pour lutter contre le froid, ne peuvent s’alimenter dans un lac gelé). Il n’est donc pas rare d’observer une même espèce en halte migratoire de plusieurs jours sur une zone humide, ou dans un jardin. À terme, ces oiseaux rejoindront leur quartier d’hivernage avant la fin de l’année, qu’il soit situé en Côte-d’Or, au sud de l’Europe ou en Afrique.

Cependant, il faut savoir que les oiseaux ne sont pas tous migrateurs : certains sont appelés sédentaires, car étant présents toute l’année sur un même site. Ce sont souvent des oiseaux ayant un régime alimentaire uniquement granivore (c’est-à-dire ne se nourrissant que de graines, comme le Chardonneret élégant par exemple), ou des oiseaux capables d’adapter leur régime alimentaire en fonction des saisons (c’est le cas de la Mésange bleue qui se nourrit d’insectes à belle saison, puis de graines en hiver).

Le Coucou gris est l’un des oiseaux migrateurs qui se remarque le plus lors de son arrivée... du moins par son chant © photo F. Croset
Les Cigognes noires utilisent les courants ascendants lors de leurs déplacements © photo F. Croset

 

La fin de l’été correspond, chez les oiseaux, à l’achèvement de la saison des amours. Cette période est plutôt calme pour les observateurs de la nature : certains oiseaux migrateurs sont déjà repartis vers le sud (c’est le cas des Martinets noirs, oiseaux observés toujours en vol, poussant des cris stridents et visibles en France de mai à début août) ; les oiseaux sédentaires quant à eux ralentissent le rythme de leurs chants et de leurs activités...

Fort heureusement, la migration automnale débute rapidement. D’abord discrète en août et septembre, elle prendra de l’ampleur en octobre. C’est le moment privilégié pour garder régulièrement un œil vers le ciel : il n’est pas rare d’observer des bandes de passereaux (famille d’oiseaux allant du roitelet au corbeau) ou des groupes de pigeons, de cigognes et de rapaces zébrant l’azur partant tous dans la même direction : le sud de l’Europe, ou même l’Afrique.

Chaque espèce d’oiseau migrateur possède sa technique pour se déplacer sur de grandes distances : les plus légers (comme les pinsons, les hirondelles, les pipits et les alouettes) voleront en battant frénétiquement des ailes et voyageront en ligne droite à faible altitude, de jour comme de nuit. Pour certains, en particulier les voyageurs au long cours (oies et grues), ils utiliseront une technique de vol dite de « formation en V » qui leur permettront d’économiser leurs forces, un peu à la manière des cyclistes se passant des relais. Enfin, pour les plus gros (les cigognes et certains rapaces diurnes) dont chaque battement d’aile doit être économisé car demandant de grosses quantités d’énergies, ils utilisent les ascendances thermiques, ces courants d’air chauds qui les emportent très haut en altitude. De cette manière, ils peuvent se laisser planer d’ascendance en ascendance, sur de grandes distances et ce jusqu’en Afrique, presque sans aucun battement d’aile !

 

Afin de faire profiter à tous de ce spectacle migratoire, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de Côte-d’Or installe pour la première fois une permanence pour découvrir les oiseaux de passage en migration sur les hauteurs de Dijon. Des ornithologues munis de jumelles et de longues-vues accueillent ainsi petits et grands pour leur permettre d’apprendre à reconnaître et à identifier les différents oiseaux migrateurs. Cette permanence est également l’occasion d’étudier les flux migratoires et de connaître davantage les effectifs et les populations d’oiseaux de passage sur notre département.

Ces permanences ont lieu un dimanche sur deux de septembre à novembre et à chaque fois de 9h à midi. Voici les dates 2016 : 21 août, 04 septembre, 18 septembre, 02 octobre, 16 octobre, et 30 octobre. La permanence se tient au plateau de la Cras à Dijon (voir carte ci-dessous). Pour y accéder, il suffit de prendre le chemin de la Rente de la Cras en partant du quartier de la Fontaine d’Ouche. Autre possibilité : en provenance de Corcelles-les-Monts ou de Plombières-lès-Dijon, prendre la route de Corcelles (D 108) menant au domaine de la Cras. Une fois arrivé au carrefour, bifurquer par le chemin de terre opposé au domaine : quelques centaines de mètres plus loin vous mèneront au point d’observation de la LPO. Venez-y nombreux !

 

Suivi de la migration post-nuptiale au plateau de la Cras
Emplacement de la permanence du plateau de la Cras (cliquer dessus pour ouvrir la carte avec Google map)

 

Pour tout renseignement complémentaire (activités de la LPO, identification d’une espèce, oiseau blessé...) tout message à cote-dor@lpo.fr ou au 03 80 56 27 02 sera le bienvenu !

 

Retrouvez toute l’actualité de la migration des oiseaux sur le site migraction !

 

Vous pouvez également, en cliquant sur le lien ci-dessous, écouter l’émission "La migration des oiseaux : un mystère qui commence à livrer ses secrets", proposée par Elodie Courtejoie le 8 juillet 2012 sur Canal Académie. Yves Ferrand, responsable scientifique du réseau bécasse et bécassine à l’ONCFS y décrit de manière très pédagogique de nombreux aspects de la migration des oiseaux...

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