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Camp de baguage de Marcenay

 

Lors du mois d’août 2009, un premier camp de suivi de la migration des oiseaux paludicoles a été mis en place dans la roselière de l’étang de Marcenay, situé dans le Châtillonnais.

L’étang de Marcenay couvre une surface totale de 80 hectares. La phragmitaie occupe un tiers de cette superficie. Cela en fait une des plus grandes roselières de Côte d’Or. Situé 45 km au sud des lacs de la Forêt d’Orient et environ 80 km au sud-ouest du lac du Der, la localisation du plan d’eau semble très favorable par rapport à la migration continentale des passereaux paludicoles et des hirondelles. De plus, le plateau du Châtillonnais est très pauvre en zones humides. Celle de Marcenay est donc probablement très attractive par son effet "îlot" au milieu des collines boisées et des plateaux cultivés.


Partie de la roselière de Marcenay avec les filets posés en 2011

 

Suite aux bons résultats de 2009, ce camp de baguage, sur le modèle de celui de l’étang de la Horre en Champagne humide, a pour vocation d’être reconduit chaque année. Des analyses, combinées au site de Saint-Julien-du-Sault, ont été réalisées en 2009, en 2010, en 2011, en 2012, en 2013 et en 2014. Par la suite, des comparaisons avec les résultats de la station de La Horre pourront être réalisées. Le suivi simultané de ces deux sites permettra peut-être de mieux identifier l’importance du réseau de roselières continentales dans la migration de certains oiseaux.

Ce programme fait partie intégrante de l’Observatoire National des Haltes Migratoires développé par le CRBPO (Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d’Oiseaux). Basé sur la technique des captures-recaptures, il cherche à évaluer le rôle du territoire national pour la migration des oiseaux. L’objectif est d’évaluer la qualité des sites utilisés par les oiseaux migrateurs pour se reposer et reconstituer leurs réserves énergétiques entre deux déplacements et de mettre en place un suivi de la biologie des oiseaux en haltes migratoires (phénologie, durée de séjour, prise de poids). Le baguage permet aussi de déterminer les voies de migration et les zones d’hivernage, et dans l’avenir il permettra de disposer d’un système qui permette d’évaluer les conséquences des changements climatiques sur la migration.

Durant la période de baguage, des bagueurs assistés par des aides bagueurs se relaient sur le site de l’étang de Marcenay. Environ 250 mètres de filets sont déployés chaque matinée afin de capturer les passereaux paludicoles en halte migratoire (Rousserolles effarvatte et turdoïde, Phragmite des joncs, Bruants des roseaux, Gorgebleue à miroir, etc.). En soirée, si un dortoir d’hirondelles ou de bergeronnettes se met en place, les filets sont réouverts pour capturer spécifiquement ces espèces.

Comme tous les ans, les résultats sont mis à jour quotidiennement sur le site de Trektellen. Les synthèses et les cartes de déplacement des oiseaux capturés sont pour leur part visibles sur ce site.

Toutes les bonnes volontés sont bienvenues pour aider à la bonne tenue du camp, les taches sont nombreuses et variées !! Alors si vous êtes intéressés pour découvrir les activités du camp de baguage, contactez Joseph Abel à l’adresse suivante : joseph.abel@lpo.fr. On vous attend ! (les moustiques aussi)

Un projet co-financé par l’Union Européenne pour étudier les oiseaux migrateurs venant de toute l’Europe !

 

Le camp a lieu grâce à la participation financière de l’Europe, de l’État, de la région Bourgogne - Franche-Comté et du département de la Côte-d’Or, mais également, grâce à l’implication de nombreux bénévoles.